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Pourquoi visualiser les données RH plutôt que les tabuler ?
Les tableaux de bord RH répondent bien à la question « combien ? ». Ils répondent mal à « où ? », « quand ? » et « pour qui ? ». Un taux de turnover de 13 % peut venir d'un seul service ou de toute l'entreprise, d'une fuite à la fin de la période d'essai ou d'un départ massif après deux ans. La moyenne est la même ; le plan d'action n'a rien à voir.
Une moyenne résume une situation.
Une distribution la raconte.
Chaque visualisation ci-dessous part d'une question RH concrète, montre comment la lire, et précise ses limites. Survolez, filtrez, faites défiler : elles sont toutes interactives.
Un parcours de carrière sur une seule ligne de temps
Comment présenter en un coup d'œil huit ans de parcours lors d'un entretien de carrière ou d'un comité de mobilité ? Postes, formations, entretiens annuels, promotions et salaire vivent habituellement dans cinq onglets du SIRH. Alignés sur un même axe temporel, ils racontent une histoire : ici, une data analyst dont chaque promotion suit de près une formation, et dont le salaire progresse par paliers.
L'axe horizontal est une échelle d3.scaleTime partagée par les deux panneaux. Le salaire est tracé en marches plutôt qu'en pente, ce qui reflète mieux une grille salariale. Pour aller plus loin : les métiers de la data RH.
Qui part où ? Le Sankey des mouvements internes
Sur un an, combien de salariés ont été promus, mutés ou sont partis, et entre quels services ? À gauche, l'effectif de janvier et les recrutements ; à droite, l'effectif de décembre et les départs. Sur les 245 salariés de cette entreprise fictive, 21 promotions et 21 mutations donnent un taux de mobilité interne de 17 %, pour 33 départs (24 démissions et 9 retraites).
Le Commercial concentre le plus de démissions (8 sur 24). À l'inverse, la Data & BI attire : elle reçoit 6 salariés par mutation et n'en voit partir que 2 vers d'autres services. C'est le genre de signal qui nourrit une politique de mobilité, voire un parcours de reconversion interne.
Un taux de mobilité dit combien de personnes bougent.
Un Sankey montre d'où elles partent et où elles vont.
Un Sankey n'accepte pas les boucles : chaque service apparaît donc deux fois, en début et en fin de période. Les données se résument à une ligne par flux, obtenue en comparant l'affectation de chaque matricule à deux dates. Voir aussi : le processus GEPP en PME.
La pyramide des âges, service par service
Où se situent les départs en retraite des dix prochaines années, et quels savoirs risquent de partir avec eux ? À l'échelle de l'entreprise, l'âge moyen de 40,5 ans et les 14 % de salariés de 55 ans et plus paraissent sans histoire. Filtrez sur les Opérations : l'âge moyen monte à 44,4 ans et 21 % de l'effectif entre dans la zone orangée. La Data & BI, elle, n'a personne au-delà de 55 ans.
Deux échelles d3.scaleLinear partagent le même domaine avec des sens opposés : les barres des hommes poussent vers la gauche, celles des femmes vers la droite. Voir aussi : les statistiques descriptives RH.
Courbe de Lorenz et Gini : la distribution plutôt que la moyenne
Les salaires sont-ils répartis de façon homogène, ou concentrés sur quelques profils ? Plus la courbe s'éloigne de la diagonale, plus la masse salariale est concentrée. Le Gini global de cette entreprise fictive est de 0,21, un niveau normal. Mais le Commercial, avec sa part variable, monte à 0,25, quand les Opérations, aux grilles resserrées, restent à 0,11.
Les repères affichés (très égalitaire sous 0,20, normal jusqu'à 0,30, vigilance jusqu'à 0,35, anomalie probable au-delà) valent surtout pour un Gini calculé par strate homogène : même coefficient, même service, même ancienneté.
La méthode complète et le script Python sont détaillés dans notre cas client sur les inégalités salariales cachées. Voir aussi le pilotage de la masse salariale.
De l'écart brut à l'écart inexpliqué
Quelle part de l'écart de salaire entre femmes et hommes s'explique par des différences de situation, et quelle part reste à justifier ? Le graphique part d'un écart brut de 18,5 % et retire successivement l'effet du temps partiel, du niveau de poste, du service, de l'ancienneté et de l'âge. Le diplôme joue en sens inverse : les femmes étant ici plus diplômées, il creuse l'écart au lieu de l'expliquer. Il reste 5,1 % d'écart inexpliqué, soit 72 % de l'écart brut expliqué.
Ces contributions viennent d'une décomposition de type Oaxaca-Blinder. Quand les facteurs sont corrélés, comme le temps partiel et le niveau de poste, leur contribution dépend de l'ordre dans lequel on les introduit ; une décomposition de Shapley neutralise cet effet.
Expliqué ne veut pas dire justifié.
Un écart dû au niveau de poste peut lui-même refléter une inégalité d'accès à la promotion.
Voir aussi : la transparence salariale en septembre 2026.
Courbes de Kaplan-Meier : combien restent, et jusqu'à quand
Quelle est la probabilité qu'une personne recrutée soit toujours là après 4, 12 ou 24 mois ? Sur 282 recrutements suivis, 87 % passent le cap de la période d'essai, 75 % sont encore présents à un an et 64 % à deux ans. Le Commercial décroche plus tôt et plus fort : moins d'un recruté sur deux y est encore présent à 24 mois. Les Opérations, à l'inverse, en conservent 78 %.
L'intérêt de la méthode tient à la censure : une personne recrutée il y a six mois et toujours présente n'est comptée ni comme un départ, ni comme un maintien au-delà de six mois. Un simple taux de présents ferait paraître les recrutements récents plus stables qu'ils ne le sont.
let S = 1;
for (let m = 1; m <= 60; m++) {
const n = salaries.filter(s => s.duree >= m).length; // encore suivis
const d = salaries.filter(s => s.duree === m && s.depart).length; // départs ce mois
if (n < 10) break; // effectif trop faible : on arrête la courbe
S *= 1 - d / n;
}Voir aussi : notre page turnover.
La rétention, trimestre de recrutement par trimestre
Les personnes recrutées récemment restent-elles plus ou moins longtemps que les précédentes ? Chaque ligne est une promotion de recrutés, chaque colonne une ancienneté. Lisez une colonne de haut en bas : si les cases pâlissent, les nouvelles cohortes partent plus vite que les anciennes au même stade. C'est le bon outil pour mesurer l'effet d'un nouveau parcours d'intégration ou d'une révision salariale.
En filtrant sur un seul service, certaines cohortes ne comptent que deux ou trois personnes : un seul départ fait alors varier le taux de 30 points. Sur de petits effectifs, regroupez par semestre ou par année.
Voir aussi : les indicateurs RH clés.
Le cadran de la saison : recruter avant le pic, pas pendant
Dans un hôtel saisonnier, quand manque-t-on de monde, et quand aurait-il fallu agir ? Le cadran suit les vraies saisons astronomiques, solstice d'été en haut. Les barres bleues montrent les présents, le rouge ce qui manque par rapport au besoin. Dans cet hôtel fictif, dont le besoin varie de 19 à 38 postes, on compte 134 postes-semaines non pourvus sur 22 semaines, avec un pic de 11 postes manquants fin juillet. La salle et les étages sont les plus touchés.
Le problème n'est pas le manque de candidats.
C'est le calendrier : l'effectif suit le besoin avec trois semaines de retard.
Le manque du début d'été a son pendant à l'automne, avec 62 postes-semaines en sureffectif, quand des contrats saisonniers se prolongent alors que les chambres se vident. Devant l'hôtel, chaque silhouette est une donnée : la jointure de données de D3 fait arriver les embauches et partir les fins de contrat. Voir aussi : automatiser le processus de recrutement et le recrutement prédictif.
La même méthode, appliquée au flan parisien
Les techniques de cette page ne sont pas propres aux RH. Pour s'en convaincre, voici le prix d'une part de flan pâtissier dans quatre arrondissements de Paris, de 3,00 € à Belleville à 4,50 € près des Champs-Élysées, soit 50 % d'écart.
Toutes les parts ont la même taille, volontairement : le prix est porté par la couleur de l'arrondissement et par l'étiquette. Faire grossir les parts avec le prix exagérerait les écarts, puisque la surface croît plus vite que la dimension.
Comment ces dataviz
sont construites.
D3.js intégré à la page
La bibliothèque et le code des visualisations sont intégrés dans la page elle-même : aucun appel à un CDN pour afficher les graphiques, et un fonctionnement garanti même hors ligne.
Chargement à la demande
Chaque graphique ne se dessine qu'à l'approche de l'écran, et l'animation du cadran ne tourne que lorsqu'il est visible. Les animations se coupent si votre système demande de les réduire.
Prêt pour vos données
Les chiffres sont simulés, mais la structure est celle d'un export SIRH classique. Brancher vos données anonymisées ne demande que de remplacer les tableaux de données.
Questions sur la dataviz RH
Quelle dataviz choisir pour analyser le turnover ?
La courbe de survie de Kaplan-Meier. Elle tient compte des salariés récemment embauchés qui n'ont pas encore pu partir, ce qu'un simple taux de turnover ignore, et montre les moments critiques comme la fin de période d'essai ou le cap des deux ans.
Comment visualiser les mobilités internes ?
Avec un diagramme de Sankey qui relie l'affectation de chaque salarié en début et en fin de période. La largeur des flux est proportionnelle au nombre de personnes, et leur couleur indique le type de mouvement.
Comment montrer un écart salarial femmes-hommes de façon honnête ?
Avec un graphique en cascade qui part de l'écart brut et retire facteur par facteur la part expliquée, jusqu'à l'écart inexpliqué. Expliqué ne veut pas dire justifié.
Ces visualisations sont-elles compatibles avec le RGPD ?
Oui, à condition de travailler sur des données anonymisées ou agrégées et de ne pas descendre sous un seuil d'effectif qui permettrait de reconnaître une personne. Voir notre guide RGPD des données salariés.
Faut-il savoir coder pour utiliser ces dataviz ?
Pour les créer, oui : D3.js est une bibliothèque JavaScript. Pour les utiliser, non : une fois développées, elles se branchent sur un export du SIRH et se mettent à jour sans intervention technique. Pour un premier niveau, Power BI ou Python couvrent déjà beaucoup de besoins.